Désemparé, humilité, admiration

Témoignage 2022

Lourdes 2022, mon 1er « pèlé » de juillet avec l’Hospitalité Bordelaise

Désemparé, humble, admiratif.

L’un des membres de la direction de l’HB me l’avait dit : « Le pélé de juillet de l’Hospitalité Bordelaise, c’est autre chose ! »… Bénéficiant de ma petite expérience de trois pèlerinages avec les Aînés, c’est donc avec un peu d’appréhension, et l’accord de ma femme, que je finis par m’inscrire pour ce « pé» de cinq jours avec nos amis très grands handicapés. Notre Présidente, Anne-Marie Martial, n’avait d’ailleurs pas manqué de m’y inciter plusieurs fois, lors de nos rencontres à la messe dominicale du Relais Pastoral : Le Porge - Le Temple - Saumos.

Devenu cette fois-ci responsable du bus n° 10, je commençai par embarquer nos ami(e)s Hospitalier(e)s et « Malades » à partir du Foyer Alice Girou de Lège-Cap-Ferret. Côté bagages, j’étais bien secondé par Éric, et nous arrivâmes sans encombre à l’Accueil Notre Dame à 11h45.

Je passe sur la demi-heure de retard au départ de Lège ; l’aide nécessaire de nos bras au vérin hydraulique du bus vieillissant, pour réussir l’embarquement de notre ami Sébastien sur son fauteuil électrique à Marcheprime, suivi d’un problème de test antigénique (confondu avec le papier de vaccination anti-covid) de l’une de nos fidèles hospitalières à Langon : la routine, je suppose !

Lors de mon premier vrai contact avec l’accompagnement du soir de nos amis « malades », trois mots ont prévalu pour moi qui « débarquais » :

Désemparé, humilité, admiration.

Désemparé : Bien qu’étant habitué au comportement surprenant de mon petit-neveu autiste lourd, j’étais très désemparé face à ces très grands handicapés sur leur fauteuil, et regroupés pour ce « pélé ». Il est difficile de comprendre certains d’entre eux au premier abord. L’un d’eux m’a particulièrement marqué, car la communication semblait impossible, même avec les ancien(ne)s hospitalier(e)s. J’étais désemparé face à ses cris dont personne ne comprenait l’origine : souffrance, envie de participer, joie ? Heureusement, sa mère était présente à ses côtés. Sa fibre maternelle allait certainement plus loin que la capacité de compréhension de nos cerveaux, et de mon cerveau de novice en particulier…

Humilité : Je me sentis très humble face à mes nouveaux, nouvelles camarades hospitalier(e)s qui avaient parfois, plus de 20, voire 40 « pèlés » de juillet derrière eux, et qui savaient faire ! Moi, ce soir-là, je n’y connaissais vraiment pas grand-chose… Et, quand personne ne vous connaît, il faut d’abord savoir « faire son trou », quelquefois en s’imposant.

A ce titre, je remercie ici Clarisse, l’une de mes camarades hospitalières, issue également du pèlerinage des Aînés. Elle eut, elle aussi un peu de difficultés à s’intégrer, au départ, dans ce monde du « pé » de juillet. Le premier soir, de l’autre bout du couloir (et d’un autre groupe), elle vint me chercher pour que je l’assiste à s’occuper au mieux de Jean-Michel. Cet appel à l’aide fut salutaire pour moi. Il me permit de ne pas me sentir inutile, cette nuit-là. Ce fut bon pour mon moral, et pour la suite

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Admiration : face à la compréhension de nos amis handicapés par les hospitalier(e)s quelques fois avec un peu de mal quand même auprès d’un « malade » et de son matériel sophistiqué qui ne leur était connu que de loin auparavant…Oui, ils ou elles arrivaient finalement à comprendre, à communiquer, à faire ce qu’il fallait dès le premier soir, puis le premier matin… Admiration face à la relève composée de jeunes filles ou femmes, de jeunes garçons ou jeunes hommes et d’enfants, qui est bien là ! Admiration face à ces familles entières qui sont là, engagées, du plus âgé au plus jeune, dans l’Hospitalité Bordelaise Notre Dame de Lourdes ! Et admiration face à ces hospitalier(e)s qui viennent de Paris où ils travaillent depuis un certain temps, voire même de Bruxelles où l’une de nos hospitalières, belge, vit sa vie, et est pourtant , chaque année ! Enfin admiration face à ces gestes qu’elles (ils) savent faire pour rassurer, manipuler les « malades » (choses qui, au premier abord, n’étaient pas mon fort, eu égard à ma jeunesse passée dans un milieu agricole un peu rude, ainsi qu’à mon passé d’officier d’infanterie parachutiste…

Je ne vais pas ici vous raconter mes cinq jours de pèlerinage, d’autres le feront sûrement de manière plus intéressante que moi. Mais sachez plusieurs choses : durant ce « pélé » de juillet, j’ai découvert, j’ai beaucoup appris, je pense avoir été intégré (mais ce n’est pas à moi de le dire). Je remercie les « Malades » et Hospitalier(e)s que j’ai côtoyés.